Raymond CANNIE: trop bon, ...
trop bon !

Raymond CANNIE Des dirigeants comme Raymond Cannie, on n'en fera probablement plus. Oh! certes, on peut espérer retrouver au sein de nos associations des bénévoles aussi dévoués, aussi compétents dans leur domaine, aussi passionnés que Raymond. Quoique... Mais des dirigeants aussi désintéressés, aussi discrets - comment dire... - aussi exemplaires, personnellement, je n'en connais pas. Sincèrement, depuis bientôt 15 ans que je le côtoie au sein du T.A.C. Cyclisme, j'ai toujours été impressionné par sa sagesse, une sagesse résultant à la fois d'une grande honnêteté morale, d' une solide rigueur, mais aussi d'une réelle humanité mâtinée d'une certaine réserve et d'un sens de l'humour dévastateur.

Voilà plus de 40 ans - un record dans la station ? - que Raymond, d'abord comme entraîneur, puis comme dirigeant, oeuvre pour le T.A.C. Cyclisme. Que le club soit considéré comme l'un des meilleurs du département ( fin des années 90 ) ou qu'il soit au bord de l'agonie ( le T.A.C. a compté un seul coureur dans son effectif en 1980...), Raymond était là. Que le cyclisme soit loué pour ses vertus de sport épique et spectaculaire, ou qu'il soit conspué à cause des affaires de dopage qui l'ont touché, Raymond était toujours là. « Devenir dirigeant, c'est facile, m'explique-t-il souvent, c'est le rester qui est difficile ! ». Il a eu deux maîtres : le T.A.C. et le cyclisme. « Celui qui persiste à suivre avec fidélité un maître déchu est le vainqueur du vainqueur de son maître » ( W. Shakespeare ). Raymond, de par la constance de ses convictions, est donc définitivement un vainqueur. Un vainqueur peu connu que l'histoire du sport touquettois, à tort, oubliera peut-être très vite. Je crois que Raymond se fiche de la postérité comme de son premier cuissard... Maintes fois, Raymond aurait pu devenir Président du club ; il a toujours refusé de le devenir, non par crainte des responsabilités, mais par mépris des honneurs. Il a horreur de se mettre en avant et fuit systématiquement les objectifs photographiques des journalistes ou la discussion avec les élus.

En septembre, il a été décidé de donner son nom à la course cycliste annuelle du T.A.C. : Grand Prix Raymond Cannie. Curieusement, pour une fois, Raymond n'a pas trop bougonné au sujet de cette initiative... J'ai demandé - c'est la moindre des choses ! - que Raymond reçoive la médaille de la ville le 11 novembre. Si vous le pouvez, venez le voir et le féliciter à cette occasion. Pour le reconnaître, c'est simple : vous cherchez un papi , debout avec une canne, qui s'écarte dans un coin de la pièce. Vous le voyez ? Oui, celui qui mâchonne ( en principe...) un chewing- gum, qui a les moustaches blanches rieuses et le regard pétillant de malice. C'est bien lui.

Raymond, à 79 ans, va bientôt quitter le T.A.C. Cyclisme . Pour tout ce qu'il a apporté au sport et aux gens avec qui il a «travaillé» ( dont moi ! ), mes remerciements les plus émus.

Philippe Lyardet (ancien Président du T.A.C. Cyclisme), novembre 2009

Raymond Cannie express:

Réception à la mairie du Touquet, le 11 novembre 2009

Raymond recoit la medaille a la merie du Touquet Raymond, sa femme, et Michel Mercier, le president du TAC